Revue de presse

3 questions à Jean-Marc Florin

Publié le 09/09/2020 dans revue de presse

Dans les Hauts-de-France, on comptabilise une cinquantaine d’entreprises de la filière construction répondant au format de Société
Coopérative et Participative, soit 1 200 salariés. Une formule souvent oubliée lors des transmissions.
 
QUELLES SONT LES CARACTÉRISTIQUES D’UNE SCOP ?
 
Ce qu’on ignore souvent, c’est qu’avant d’être une coopérative, une SCOP est une société commerciale (SARL, SA, SAS) assise sur le code du commerce. En sa qualité de société à capital variable, elle permet d’accueillir en tant qu’associés de nouveaux entrants, salariés et partenaires. C’est la coopérative qui achète et revend les parts. La loi prévoit que chaque associé dispose d’une voix lors de la tenue des assemblées.
 
Cette équité entre tous les associés se retrouve dans un contrat d’apport à la formation du capital. Chaque entreprise le définit à sa guise.
Il est déterminant dans la constitution des fonds propres. En cas de retrait de l’associé, ses parts sont cédées à leur valeur nominale.
 
Dans une Scop, le partage du profit est équitable : une part pour tous les salariés, sous forme de participation ou d’intéressement, une part pour les associés sous forme de dividendes, et une dernière part pour les réserves impartageables (en moyenne 45% du résultat), qui vont contribuer à consolider les fonds propres et à assurer sa pérennité.
 
 
EN QUOI CE MODÈLE EST INTÉRESSANT LORS D’UNE TRANSMISSION ?
 
Le BTP a cette tradition du compagnonnage,de l’accompagnement de la montée en compétences. On ne naît pas chef d’entreprise, on le devient. Nous préconisons d’ailleurs que le cédant, homme ou femme clé, reste, souvent à temps partiel ou comme consultant, pour réussir le passage de témoin.
 
La formule SCOP promeut cet accompagnement vers la gestion d’entreprise lorsqu’on la transmet à ses salariés. Pour des PME de 30-100 salariés, en second oeuvre par exemple, l’équipement ne nécessite pas de besoins financiers importants. On est donc tout à fait capable de satisfaire des plans de financement.
 
Ensuite, il y a le facteur psychologique : il est parfois plus facile pour le cédant de trouver un successeur parmi ses salariés.
 
C’est aussi une forme de reconnaissance du travail accompli. Puis, il peut ne pas avoir envie de vendre à ses concurrents ou de voir le fruit d’une vie de labeur vendu en appartement. L’Union des Scop accompagne les repreneurs sur les volets stratégique, économique, financier et juridique d’une cession, et la Fédération Nord des Scop BTP, sur le métier.
 
Le taux de survie à 3 ans des entreprises créées en Scop s’élève à 82 %. A 5 ans, le taux de survie est de 65 % contre 50 % pour l’ensemble des entreprises françaises.
 
QUELS SONT LES ÉCUEILS ?
 
D’abord, la méconnaissance de la forme SCOP. Il faut tordre le cou à de nombreux fantasmes ! Certains salariés-associés se voient patrons et oublient le contrat d’apport ou, à l’inverse, ont peur de tout perdre alors que tout cela est régi en préambule. Surtout, une transmission se prépare, trop de dirigeants l’oublient, veulent aller trop vite ou rester trop confidentiels.
 
 
Propos recueillis par J.D

 

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